Déclaration du personnel de l’éducation du post-primaire et secondaire de Diapaga

Depuis le début de l’année scolaire 2023-2024, les élèves du post-primaire et secondaire ont repris tardivement le chemin de l’école en raison des déplacements difficiles des acteurs éducatifs. Malgré les conditions difficiles liées à l’insécurité, les cours se poursuivent lentement mais sûrement grâce à la bravoure et à la détermination du personnel éducatif. Ils travaillent dans la faim et l’incertitude, considérant l’éducation comme un élément fondamental de résilience. Cependant, les maux actuels de leur environnement sont devenus insupportables, et ils appellent à des changements pour assurer une année scolaire réussie.

Premièrement, en ce qui concerne la situation alimentaire, il est devenu extrêmement difficile de trouver de la nourriture à Diapaga, malgré le récent passage d’un convoi de ravitaillement. La ville est plongée dans une grave crise alimentaire, laissant chaque individu se débrouiller pour se nourrir. Certains sont même contraints de s’humilier en demandant de l’aide aux élèves, alors que d’autres ont accès à l’aide humanitaire.

Deuxièmement, les professeurs communautaires attendent toujours le paiement de leur salaire. Depuis janvier 2024, aucun d’entre eux n’a reçu de rémunération, malgré le coût élevé de la vie à Diapaga, ce qui rend la situation difficile pour tous.

Troisièmement, en ce qui concerne la participation aux examens scolaires, certains choix d’examinateurs ont suscité des inquiétudes. Il est déplorable de constater que les examinateurs les moins méritants sont parfois préférés aux plus méritants, ce qui a un impact sur l’équité et la qualité des examens.

Quatrièmement, le retour du personnel en fin d’année scolaire est une source d’inquiétude en raison des retards de déplacement constatés par le passé. Ces retards ont empêché de nombreux acteurs éducatifs de participer à des concours professionnels ou directs, ce qui affecte leur avenir de manière significative.

Au regard de tout ce qui précède, nous faisons les propositions suivantes :

– Pour le cas des vivres, nous suggérons que l’autorité rentre en contact avec ses services sociaux présents à Diapaga pour sauver ce qui peut l’être dans un bref délai.

– En ce qui concerne les arriérés des professeurs communautaires, nous invitons ceux qui sont responsables des finances à la direction régionale de l’enseignement post-primaire et secondaire et de la promotion des langues nationales de l’Est de prendre la situation au sérieux tout en évitant le plus possible les éventuels retards les mois à venir. Inutile de rappeler que c’est grâce à ces agents que l’on parle de l’éducation dans les zones rouges. C’est donc inhumain de les laisser pendant trois (03) mois sans salaire.

– Pour la participation aux examens, nous recommandons la vigilance des responsables chargés des examens et concours quant aux choix des examinateurs et prendre des mesures pour sanctionner les auteurs des fausses déclarations comme l’exigent les textes.

– Quant au retour des acteurs résilients nous faisons les propositions suivantes à l’autorité :

– Ramener tous les acteurs des collèges qui ne seront pas retenus pour l’examen du BEPC avec les vols qui viendront pour ledit examen

– Pour les acteurs des lycées, procéder de cette même manière. A la fin des examens les acteurs résilients doivent être priorisés pour le retour car c’est très difficile de rester loin de sa famille pendant plus de huit (08) mois. Mais avant cela, l’autorité doit prendre toutes ses dispositions pour permettre aux acteurs de composer leurs concours professionnels.

– Disponibiliser les convocations le plus tôt possible pour permettre aux acteurs de prendre leurs dispositions.

Nous tenons pour seul responsable, le bon déroulement du reste de l’année scolaire et les examens, l’autorité, car tout dépendra de la satisfaction de nos préoccupations. Par ailleurs, la reprise des cours à Diapaga au post- primaire et secondaire est conditionnée par les résolutions des problèmes que nous attendons de l’autorité. Nous ne décidons pas d’arrêter les cours par gaieté de cœur mais par contrainte. Nous avons la certitude de la bonne foi des autorités quant à la satisfaction de nos préoccupations et le bon déroulement de l’année scolaire 2023-2024 et sommes ouverts aux éventuels échanges pour trouver des solutions.

Vive l’éducation au Burkina Faso ! Vive l’éducation dans la Tapoa ! Que la paix revienne au Burkina Faso ! La Patrie ou la mort nous vaincrons !

Gulmu info

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