Elections: Les observations faites sur le scrutin de la CODEL

A la suite des observations faites sur le scrutin, la CODEL présente les constatations suivantes comme premières données.De l’observation classique. Plusieurs dysfonctionnements nous ont été remontés dès l’ouverture des bureaux de vote :

  • La non disponibilité du matériel électoral dans certains bureaux de vote. C’est par exemple l’absence de listes d’électeurs, d’isoloirs, des procès-verbaux (bureau de vote n°2 Koundouba ; bureau de vote n°1 Zomwefo ; Bureau de vote n° 2 Titao), de bulletins pour les législatives, etc.
  • La distribution erronée des bulletins de vote pour les législatives. Par exemple à Pama (région de l’Est, province de la Kompienga), plus de 35 électeurs ont voté avec des bulletins de vote destinés à une autre province. Le même problème a été signalé à Houndé, à Bobo Dioulasso et à Kombissiri.
  • L’absence ou l’arrivée tardive de forces de sécurité dans certains bureaux de vote dans la région du Nord (cas de Mako, Kasseba samo, Zoongo, Zondoma/Gourcy, Tangaye)
  • Un cas de tentative d’intimidation des électeurs dans un bureau de vote, en l’occurrence à Relwende-centre/bureau de vote 2 de Ouahigouya. L’auteur a été expulsé du centre de vote par les forces de l’ordre.
  • L’absence des noms de certains électeurs sur la liste électorale.
  • Les changements opérés dans les bureaux de vote ont désorienté certains électeurs. Par exemple, certains bureaux ont été fusionnés sans que les électeurs n’aient été au préalable informés.

Au total, sur plus d’une quarantaine d’alertes, 90% ont été résolues par la CENI.

De la date du 10 au 22 novembre, le groupe d’analystes a reçu 165 alertes de violence. La majorité des alertes a porté sur les violences verbales, saccage d’affiches, intimidations et achat de conscience, nuisances sonores, affrontements entre militants de partis politiques, etc. Aucun acte de violence basé sur le genre n’a été notifié. Les auteurs de ces violences sont principalement les militants des partis politiques. Et la victime provenait du même groupe.

  • Des fake news sur les médias et réseaux sociaux

Plus de 200 sites web, réseaux sociaux (Facebook, WhatsApp, Twitter) stations radio, et de partis et leaders politiques ont été recensés et suivis. Une cinquantaine de publications partagées par diverses sources a fait l’objet d’analyse et de vérification des faits. Plusieurs tentatives de désinformation liées aux dysfonctionnements de certains bureaux de vote, à l’achat de conscience, à la fraude et à la violence électorale ont été identifiées. Des cas de fausses informations (fake news) ayant un degré de gravité élevée ont été traitées de manière à restituer la bonne information au public. A titre d’illustration l’équipe de la CODEL a pu vérifier que le ministre de la Défense n’a ordonné aucune fermeture de bureau de vote dans la province de l’Oudalan contrairement à l’information partagée sur les réseaux sociaux. Elle a également pu vérifier que le correspondant UPC de Lapara dans la province des Balé a été effectivement agressé par des jeunes mais ses blessures ne sont pas consécutives à l’utilisation des machettes.

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