Hôtellerie à l’Est: « Nous attendons fermement des mesures d’accompagnement » Amadou SININI

Amadou Sinini, DG de l’auberge du 11 décembre, un établissement hôtelier de restauration de Fada, chef lieu de la région de l’Est était au micro du Gulmu.info, le 15 mai. Il a été question de la gestion de l’hôtel en cette période d’insécurité. Interview.

Depuis le début de la situation sécuritaire, quel est l’impact sur la situation sécuritaire sur la vie quotidienne?

C’est de façon globale que cette crise sécuritaire s’est dégradée au Burkina Faso depuis 2014. Je peux dire avec honnêteté que c’est toute une souffrance pour la tenue et la gestion d’un hôtel. En effet, on n’arrive pas à faire le chiffre d’affaires qui supporte les charges de l’exploitation de l’hôtel. Un hôtel ce sont des charges multiformes, il y a : les charges salariales du personnel, l’eau, l’électricité, etc.  Tout est payé cash, du coup, s’il n’y a pas de clientèle, puisqu’il faut prendre chez le client à qui vous avez fourni une prestation pour pouvoir payer ceux qui ont fait la prestation. Notamment nos employés. S’il n’y a pas d’entrée alors qu’il faut payer le personnel, le problème s’avère sévère pour l’exploitant.

Au regard de ces difficultés, quel est le message que vous voulez envoyer à l’autorité et à l’opinion publique ?

Lorsque le Chef de l’Etat a déclaré que des mesures d’accompagnement seront prises pour soutenir les entreprises en difficultés et particulièrement les hôteliers, nous étions très heureux. Nous avons cru que c’était quelque chose qui allait se faire rapidement. A la date d’aujourd’hui, nous avons opéré des suspensions d’emplois chez les travailleurs. Nous avons suspendu certains afin de garder le minimum pour pouvoir tourner, en attendant de retrouver un jour meilleur.

Nous attendons fermement des mesures d’accompagnement. Cela a été dit, et ceux-là qui ont été suspendus sont aux aguets. Pour ces derniers, à tout moment nous pouvons prendre l’argent et les désintéresser, puis les réintégrer dans le système. Mais comme cet accompagnement n’est pas encore effectif ce n’est la faute à personne. On ne peut pas voler de l’argent ou s’endetter pour faire des choses qui n’ont plus de raison d’être.

Faut-il comprendre que si vous bénéficiez de cet accompagnement vous allez réintégrer le personnel suspendu ?    

Naturellement. Ils seront prioritaires quand on va reprendre les travailleurs. On n’a pas le choix, c’est la loi qui apprécie cette forme-là, et qui a mis en place une législation.

Qu’avez-vous à dire à l’opinion, notamment aux touristes qui voudraient venir à Fada pour passer des jours ?

Les touristes sont souvent plus informés que nous. Ils sont informés par les médias de la situation qui prévaut. Personnellement, si je dois leur dire, c’est comme si je suis en train de les amener à venir se retrouver dans un système qui n’est pas tout à fait ce qui les sécurise. Néanmoins, nous leur disons que la situation ira et que nous allons certainement reprendre les activités pour le bonheur de tout le monde.

Les clients qui viennent ici sont en sécurité, mais je ne saurais l’affirmer avec fermeté. En effet, tout le monde sait le contexte dans lequel se trouve la région de l’Est du Burkina Faso. Sur le plan sécuritaire, nous savons qu’il y a une dégradation du système sécuritaire. Tout le monde est informé des morts qu’on y compte tous les jours.

Interview réalisée par Gulmu Info

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