Double assassinat à Kantchari: un conflit de voisinage à l’origine des crimes

Les principaux suspects sont aux arrêts. Il s’agit de quelques habitants du village de Nando dans la commune de Kantchari qui avaient confié leurs troupeaux à une famille de Sambalgou, un autre village de la commune qui ont commis le second meurtre a expliqué une autorité locale.

Il n’a pas fallu plus de 48 heures pour qu’un second meurtre ait lieu dans la commune de Kantchari. En effet, un jeune éleveur ayant laissé ses animaux brouter le champ d’un autre jeune dans le village de Boudieri aurait trouvé la mort après que le premier l’ait bastonné le dimanche 05 septembre aux environs de 16h.

Très vite, informée, une enquête s’est ouverte pour «assassinat » après la découverte du cadavres près d’un champ dans le village. La gendarmerie de la ville de Kantchari a instruit au major du CSPS de Boudieri de procéder au constat d’usage afin de permettre l’enlèvement et l’enterrement du corps. Le constat a eu lieu en présence des parents de la victime et des autorités administratives de la commune, qui après les formalités ont demandé aux populations de bien vouloir se pardonner et prôner la tolérance et le vivre ensemble.

Convoqué, le suspect s’est rendu de lui-même ce matin à la gendarmerie de Kantchari, avec un doigt blessé et aurait confié aux gendarmes que sa blessure fait suite à une altercation qu’il a eu avec la famille du défunt, qui à l’aide d’une machette lui aurait coupé le doigt. Sentant que le suspect avait une blessure très infestée, le commandant de la brigade de Kantchari a conduit le jeune au Centre de Santé de la ville pour des soins. Malheureusement, ils seront vite rejoints par les populations de Nando, les propriétaires du bétail, et profitant de l’absence du commandant, ont soustrait le suspect pour l’abattre au sein du CSPS. Constatant cette forfaiture, n’eut été les tirs de sommation, le pandore serait passé par le même verdict de la population armée de gourdin et de machettes.

Le mobile, dernière zone d’ombre

Quant au mobile de ce double crime, il constitue probablement la dernière zone d’ombre de cette affaire. Dans un article de Sidwaya, il est écrit que «Œil pour œil, dent pour dent, c’est la loi du talion que le père du jeune berger d’environ 15 ans a eu recours pour venger son fils, assassiné par un agriculteur». En effet, le père de la victime n’était pas de la délégation qui a commis le second meurtre. Selon les autorités qui se sont rendus à l’enterrement du premier mort, une entente avait été trouvé entre les deux familles, venus s’installer à Boudieri pour cultiver, il n y’a pas très longtemps et qui sont tous originaires du même village, Sambalgou, dans la commune de Kantchari.

Le jour du premier crime, une dispute aurait éclaté entre le jeune berger et le suspect lorsque les animaux sont entrés dans le champ. Une violence verbale, d’abord. Puis physique, avec des coups portés à la tête et conduisant à l’évanouissement du jeune berger puis à sa mort plus tard n’ayant pas été vite réanimé. La famille de la victime ayant accouru pour sauver leur fils avec une machette, aurait gravement blessé le suspect au doigt, qui se serait enfui pour éviter d’être lynché. Il n’y a donc pas eu d’usage d’armes à feu, contrairement à ce qui est écrit dans l’article de Sidwaya qui stipule que « l’agriculteur aurait usé de son arme à feu pour abattre l’adolescent. ». L’altercation a par ailleurs été suivi par plusieurs riverains présents sur le domaine qui affirment tous qu’il s’agissait d’une simple bagarre.

Sur cette affaire, une dizaine de personnes originaires du village de Nando ont été interpellées et sont actuellement en garde à vue. Ces derniers ont été interpellés alors que ceux qui ont commis le forfait dans le centre de santé étaient en fuite et que ces derniers leurs venaient en renfort.

Il ne s’agit nullement pas d’une bagarre agriculteurs-éleveurs, ni d’un conflit foncier encore moins d’un conflit entre éleveurs peuls et agriculteurs gourmantchés

Au-delà de tout ce qui est dit dans l’article de Sidwaya, c’est sans nul doute une altercation entre deux jeunes qui a mal tourné. Les deux familles des victimes sont toutes originaires d’un même village et sont installées à Boudiéri, il y’a moins d’une dizaine d’années selon les natifs de Boudiéri. D’ailleurs, aucun d’eux ne cultive sur une terre qui lui appartient car ayant tous demandé ou emprunté des portions de terre juste pour cultiver. Etant tous agriculteurs gourmantchés, ils se connaissent et se fréquentent depuis leurs installations. C’est surement un écart de langage après que les animaux se soient introduits dans le champ, qui a créé une bagarre et le suspect étant d’une vingtaine d’années, a surement administré un coup violent au jeune de quinze ans qui lui a porté préjudice.

L’enquête n’est pas terminée, et les investigations se poursuivent. En attendant d’en savoir plus sur cet incident, d’autres suspects sont recherchés par la gendarmerie. La population doit plus que jamais se mettre en tête que nous sommes dans un état de droit et qu’on doit éviter de se faire justice. C’est maintenant plus que jamais que nous devons apprendre à parler de cohésion sociale et éviter tout écart de comportement ou de langage qui peut mettre en péril ou en danger notre vivre ensemble.

Photo d’illustration

Van Marcel OUOBA, Gulmu Info

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