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DENGUE : Comment Dre Gminoaba Louari veut « désarmer » le moustique tigre qui tue au Burkina Faso

Au Burkina Faso, où les flambées de dengue se multiplient et mettent à rude épreuve les structures de santé, la recherche scientifique s’impose comme un levier essentiel pour améliorer la prise en charge des patients. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le travail de Dre Gminoaba Rose Anaïs Louari.

Soutenue ce jeudi dans l’amphithéâtre A1 de l’Université Joseph Ki-Zerbo, sa thèse de doctorat en médecine a été couronnée de la mention Très Honorable, avec les félicitations du Jury, présidé par le Pr Mahamoudou Savadogo.

Comprendre les décès pour mieux les prévenir

Intitulée « Facteurs pronostiques de décès dus à la dengue en milieu hospitalier au Burkina Faso entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2024 », cette recherche apporte un éclairage scientifique sur une question devenue cruciale : quels sont les facteurs qui exposent certains patients atteints de dengue à un risque accru de décès ?

Transmise par le moustique Aedes aegypti, communément appelé moustique tigre, la dengue est une maladie virale qui peut provoquer une forte fièvre, des douleurs musculaires et articulaires, des céphalées, des nausées et une fatigue intense. Dans ses formes sévères, elle peut entraîner des hémorragies, une défaillance de plusieurs organes et conduire au décès si la prise en charge n’est pas suffisamment rapide.

Face à cette réalité, Dre Louari a passé au crible les dossiers de patients hospitalisés entre janvier 2023 et décembre 2024 afin d’identifier les éléments cliniques et biologiques annonciateurs d’une évolution défavorable.

« J’ai analysé les cas de dengue hospitalisés sur une période de deux ans. L’objectif était d’identifier, dès l’admission du patient, les facteurs qui permettent de prédire un risque élevé de décès afin d’améliorer la prise en charge », explique-t-elle.

L’insuffisance rénale, un signal d’alerte majeur

Menée sous la direction du Pr Smaïla Ouédraogo, cette étude met en évidence plusieurs enseignements importants.

Parmi les principaux résultats figure le rôle déterminant de l’insuffisance rénale, identifiée comme l’un des facteurs pronostiques de décès chez les patients hospitalisés pour dengue.

« Les résultats montrent notamment que l’insuffisance rénale est un facteur pouvant conduire au décès. En revanche, l’étude montre également qu’une prise en charge précoce et adaptée permet d’améliorer considérablement le pronostic de nombreux patients », a indiqué la nouvelle docteure à l’issue de sa soutenance.

Ces conclusions pourraient contribuer à renforcer les protocoles de prise en charge dans les centres hospitaliers et aider les professionnels de santé à identifier plus rapidement les cas les plus critiques.

Une recherche au service de la santé publique

Au-delà de l’exercice académique, Dre Louari voit dans cette thèse une contribution concrète à la lutte contre une maladie qui demeure un véritable défi de santé publique au Burkina Faso.

« Je me sens très heureuse aujourd’hui d’avoir rendu fiers mes parents, mais surtout d’avoir été utile à ma société à travers cette thèse », confie-t-elle avec émotion.

Pour elle, la lutte contre la dengue ne repose pas uniquement sur les hôpitaux. La prévention demeure la première ligne de défense.

« J’invite la population à adopter les bons gestes d’hygiène afin de limiter la prolifération des moustiques. Éliminer les eaux stagnantes, assainir son environnement et protéger les habitations sont autant de gestes simples qui contribuent à prévenir la maladie », recommande-t-elle.

Un travail salué par le jury

Le jury, composé d’enseignants-chercheurs et de spécialistes de la santé, a unanimement salué la qualité scientifique de cette recherche, sa rigueur méthodologique ainsi que son intérêt pour l’amélioration de la prise en charge des patients atteints de dengue au Burkina Faso.

À l’issue des délibérations, le verdict est tombé : mention Très Honorable, avec les felicitations du jury, consacrant un travail dont les résultats pourraient nourrir la réflexion des praticiens et des décideurs engagés dans la lutte contre cette maladie.

Bahoaba LOMPO, Gulmu Info

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