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Tibga : Toumani Sangaré fait de la redevabilité un marqueur de sa gouvernance

À la tête de la commune de Tibga, Toumani Sangaré semble avoir fait un choix : celui de rendre compte. Depuis son installation comme président de la délégation spéciale (PDS), l’autorité municipale se prête à l’exercice de la redevabilité, face aux citoyens. Une pratique essentielle qui, au-delà de l’obligation légale, contribue à renforcer la confiance entre la mairie et les populations.

Le mardi 7 juillet 2026, l’exercice était une nouvelle fois au rendez-vous. Face aux services techniques, aux organisations de la société civile, aux partenaires et aux citoyens, la gestion de la commune a été passée au crible. Recettes, dépenses, investissements, appuis des partenaires, difficultés et préoccupations locales : les sujets ont été posés sur la table.

À Tibga, la mairie a choisi de parler chiffres. Mais surtout, de répondre.

Rendre compte, même quand tout ne va pas comme prévu

« Cette journée nous permet de remplir notre devoir envers les citoyens en leur présentant les recettes, les dépenses et les différents appuis dont bénéficie la commune », explique Toumani Sangaré.

Le Code général des collectivités territoriales prévoit deux journées de redevabilité par an. Mais respecter les textes est une chose. Accepter de s’expliquer publiquement sur sa gestion en est une autre.

Depuis son arrivée à la tête de la mairie de Tibga, Toumani Sangaré s’inscrit dans cette logique. Présenter les acquis, certes. Mais aussi mettre les difficultés sur la table et répondre aux interrogations des populations.

C’est là tout le sens de la redevabilité : donner au citoyen le droit de savoir comment sa commune est gérée.

Plus de 80 % d’exécution pour la majorité des lignes de recettes

Malgré un contexte économique difficile et les contraintes sécuritaires, la mobilisation des ressources propres enregistre des résultats encourageants.

Selon le bilan présenté, la majorité des lignes de recettes affiche un taux d’exécution supérieur à 80 %. Certains services municipaux, notamment l’état civil, ont particulièrement contribué à cette performance.

Des résultats que la commune peut mettre à son actif. Mais le PDS le reconnaît : la mobilisation des recettes reste un défi.

À Tibga, chaque franc mobilisé compte. Et chaque franc dépensé doit pouvoir être expliqué aux populations.

Des investissements bloqués : la mairie ne cache pas les difficultés

Tout n’a pourtant pas marché comme prévu en 2025.

Des investissements programmés sur fonds propres ont été suspendus en raison des mesures gouvernementales et des contraintes budgétaires. Du côté du Fonds minier de développement local, plusieurs projets n’ont pas pu voir le jour. En cause : des marchés déclarés infructueux.

Sur ces insuffisances, l’équipe municipale n’a pas cherché à contourner les questions. Les contraintes ont été présentées et expliquées.

Un exercice de transparence d’autant plus important que la redevabilité ne consiste pas uniquement à présenter les réussites. Elle oblige aussi les responsables publics à assumer les difficultés et à en expliquer les causes.

Quand les partenaires maintiennent la dynamique

Face aux limites des ressources communales, les partenaires techniques et financiers ont joué leur partition.

Des salles d’hospitalisation ont été construites. Des forages réalisés. Des formations sanitaires équipées. Les conditions de travail de certains services municipaux ont été améliorées. Agents communaux et membres de la délégation spéciale ont également bénéficié d’actions de renforcement de capacités.

Toumani Sangaré a particulièrement salué l’accompagnement du Laboratoire Citoyennetés, notamment dans la formation des acteurs locaux et la création de cadres de concertation dans les secteurs de la santé et de l’éducation.

L’ADCT, CADEPAC III, le Laboratoire Citoyennetés et la GIZ figurent parmi les partenaires cités par le PDS.

Des soutiens qui permettent à Tibga de maintenir le cap du développement malgré un environnement difficile.

Lotissement : les citoyens veulent des réponses

À Tibga, il y a une question qui refuse de quitter les débats : le lotissement.

Une nouvelle fois, les citoyens ont interpellé les autorités municipales sur ce dossier sensible.

Toumani Sangaré a répondu. Selon le PDS, les documents techniques existent déjà au niveau des services compétents. Une commission ad hoc devrait être mise en place pour examiner les dossiers.

Mais le président de la délégation spéciale appelle également les populations à jouer leur rôle. L’évolution du processus dépendra, selon lui, de leur implication dans les différentes démarches administratives.

Sur ce dossier comme sur les autres, les attentes restent fortes.

À Tibga, Toumani Sangaré accepte de rendre compte

Dans la gestion publique locale, la confiance ne se décrète pas. Elle se construit. Et elle passe nécessairement par la transparence.

En se prêtant à l’exercice de la redevabilité depuis son installation à la tête de la commune, Toumani Sangaré fait le choix de s’exposer aux questions des citoyens, de présenter les résultats de son administration et d’expliquer ses difficultés.

L’exercice mérite d’être relevé.

Car rendre compte, ce n’est pas seulement aligner des chiffres devant une salle. C’est reconnaître aux citoyens le droit de questionner ceux qui gèrent les affaires publiques.

À Tibga, la redevabilité prend progressivement sa place dans la gouvernance municipale.

Et dans un contexte où les populations réclament davantage de transparence et de proximité avec les responsables publics, le choix de Toumani Sangaré de faire face aux citoyens est, en lui-même, un signal fort.

Van Marcel OUOBA
Gulmu Info

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