Paix et cohésion : Todi Yaaba et APCD misent sur le théâtre pour mobiliser la jeunesse
La culture s’invite au cœur de la lutte pour la paix dans la région de Goulmou. L’Association Pengwende pour la Culture et le Développement (APCD) en partenariat avec l’Association Todi Yaaba, a lancé officiellement le projet « Théâtre pour la paix et théâtre radiophonique : mobiliser la jeunesse contre la violence, la stigmatisation et pour la cohésion sociale ». La cérémonie, présidée par le représentant du Haut-Commissariat du Gourma, a réuni responsables administratifs, acteurs culturels et jeunes engagés.
Un projet culturel pour retisser le lien social
Dans un contexte où les fractures sociales se creusent sous l’effet des crises sécuritaires, ce projet puise dans la force du théâtre pour retisser le dialogue entre les communautés. Les deux associations porteuses, reconnues pour leur engagement en faveur de l’éducation citoyenne, placent la jeunesse au premier plan.
À travers des spectacles de sensibilisation, des sketches interactifs et des productions radiophoniques accessibles à tous, elles entendent lutter contre la violence, la stigmatisation et les préjugés qui divisent.
« Le théâtre est un outil puissant de transformation sociale. Il ouvre des espaces de discussion et donne la parole à ceux qui n’osent plus s’exprimer », a expliqué un membre de la coordination.
Un appui institutionnel et international déterminant
Le projet s’inscrit dans le Programme d’Appui au Développement des Initiatives Culturelles (PADIC), financé par le Fonds de Développement Culturel et Touristique (FDCT) et la Coopération suisse. Ce soutien technique et financier confirme l’importance accordée à la culture comme levier d’apaisement social et de résilience communautaire.
Pour le représentant du Haut-Commissariat, cette initiative illustre « l’engagement constant de la société civile, qui utilise la culture comme un pont entre les populations et comme un moteur d’espoir ».
La jeunesse au centre de l’action
Au-delà des spectacles, le projet prévoit des formations artistiques, des ateliers participatifs, des sessions d’écriture, ainsi que des espaces de dialogue communautaire. L’objectif : outiller les jeunes afin qu’ils deviennent de véritables ambassadeurs de paix dans leurs villages, quartiers et lieux de socialisation.
Les productions radiophoniques, diffusées à large échelle, permettront également de toucher les zones reculées où les rassemblements publics sont parfois difficiles. De cette manière, le projet ambitionne de créer une dynamique collective autour de la paix et de la solidarité.
Une initiative porteuse d’avenir
Dans un Burkina Faso en quête de stabilité, ce projet culturel se présente comme une alternative innovante et inclusive. En misant sur l’expression artistique plutôt que sur les discours techniques, il offre aux communautés une autre manière de réfléchir, de se parler et de se reconstruire.
Les initiateurs espèrent que cette initiative fera école dans d’autres régions, contribuant ainsi à bâtir un pays où les jeunes, par leur créativité, deviennent les artisans du vivre-ensemble.
Issa THIOMBIANO, Gulmu Info
