Fada N’Gourma : une formation pour transformer la précarité en opportunités économiques
Dans un contexte marqué par la vulnérabilité croissante des populations, une initiative locale redonne espoir à plusieurs dizaines de bénéficiaires dans la région de l’Est. L’Association Beog-Néere (ABN), en collaboration avec les directions régionale et provinciale en charge de la famille et de la solidarité, a lancé, ce lundi 30 mars 2026, une session de formation dédiée aux activités génératrices de revenus. Placée sous le thème « Favoriser l’autonomisation des jeunes, femmes et personnes vulnérables à travers des activités génératrices de revenus », cette action vise à offrir des perspectives concrètes à des publics durement affectés par la précarité, notamment les personnes déplacées internes (PDI).
Une réponse ciblée aux réalités du terrain
Face à l’augmentation des besoins socio-économiques dans la région du Gulmu, cette formation entend apporter des solutions pratiques et immédiates. Environ 40 participants, composés de jeunes sans emploi, de femmes en situation de vulnérabilité et de PDI, bénéficient d’un apprentissage axé sur des métiers accessibles et rentables.
Au programme : peinture bâtiment, sérigraphie et saponification. « Ce sont des filières porteuses qui permettent une insertion rapide et offrent de réelles possibilités de revenus à court terme », indique un encadreur impliqué dans le projet.
Une formation axée sur la pratique
L’approche pédagogique adoptée privilégie le terrain et l’expérimentation. Les bénéficiaires sont immergés dans des ateliers pratiques, combinant démonstrations techniques, exercices en groupe et études de cas concrets.
Un dispositif d’évaluation, basé sur des tests avant et après la formation, permettra de mesurer les compétences acquises. À l’issue de la session, les participants devraient être capables de produire des articles sérigraphiés, de fabriquer du savon liquide et solide, ou encore de réaliser des travaux de peinture.
« L’objectif, c’est que chaque participant reparte avec un savoir-faire directement exploitable », explique un formateur.
Un engagement communautaire fort
Présidente de l’Association Beog-Néere, Ouédraogo Sampawendé Delphine a salué l’implication des acteurs locaux et encouragé les bénéficiaires à saisir pleinement cette opportunité. « Dans un contexte difficile, il est essentiel de créer nous-mêmes des solutions adaptées à nos réalités », a-t-elle déclaré.
Particularité de cette initiative : elle est financée sur fonds propres, grâce aux contributions volontaires des membres de l’association. Un choix qui témoigne d’une volonté locale d’agir malgré des moyens limités.
Un pas vers la résilience économique
Au-delà de la formation, un accompagnement post-activité est prévu afin de soutenir les bénéficiaires dans la mise en œuvre de leurs projets. L’objectif est de favoriser l’émergence de micro-entreprises capables de générer des revenus durables.
Dans une région confrontée à des défis humanitaires et économiques majeurs, cette initiative illustre le rôle crucial des organisations communautaires dans la reconstruction du tissu social.
Entre apprentissage, autonomie et espoir, cette formation apparaît comme une réponse concrète pour transformer la précarité en véritable levier de résilience.
Issa THIOMBIANO, Gulmu Info
