Agroécologie : à Fada N’Gourma, LEBIDIMA veut transformer la terre pour reconquérir la souveraineté alimentaire
Dans la région de l’Est, où les sols s’appauvrissent et où les effets du changement climatique se font de plus en plus sentir, l’agroécologie s’impose comme une réponse stratégique. C’est dans cette dynamique que les associations VIVAVI et BEO NEERE Agroécologie ont lancé, le 11 février 2026, le projet LEBIDIMA / FSOA, une initiative orientée vers la restauration des terres et la protection de la biodiversité.
Dans un Burkina Faso confronté à la dégradation accélérée des sols, à la pression foncière et à l’irrégularité des pluies, la question agricole est désormais indissociable des enjeux environnementaux. Produire plus ne suffit plus : il faut produire autrement.
Restaurer des terres fragilisées
Financé par le Fonds des Savannes Ouest-Africaines (FSOA) à hauteur de plus de 80 millions de francs CFA pour une durée de deux ans, le projet LEBIDIMA interviendra dans plusieurs communes de la région de l’Est, notamment Diapaga, Bogandé, Diabo, Tibga et Fada N’Gourma.
Son ambition : promouvoir des pratiques agroécologiques adaptées au contexte sahélien, capables de régénérer les sols et de préserver les ressources naturelles.
Récupération des terres dégradées, amélioration de la fertilité naturelle, protection de la biodiversité locale : le projet entend agir sur les causes structurelles de la vulnérabilité agricole.
« Quand on parle de souveraineté alimentaire, il faut aussi parler de protection de l’environnement. Sans biodiversité et sans sols vivants, il n’y a pas de production durable », explique Abdoul Razack Belemgnégré, coordonnateur de BEO NEERE Agroécologie.
Produire sans épuiser
Au-delà de l’augmentation des rendements, LEBIDIMA défend une approche intégrée : réduire la dépendance aux intrants chimiques, valoriser les ressources locales et structurer des chaînes de valeur durables.
Le projet prévoit également un accompagnement des producteurs, notamment des femmes et des jeunes, vers des activités génératrices de revenus liées à la transformation et à la commercialisation de produits agroécologiques.
Dans une région marquée par l’exode rural et la fragilisation des moyens de subsistance, cette dimension économique reste essentielle.
« Nous voulons produire sainement et protéger nos terres. Mais il faut aussi que cela nous permette de vivre dignement », confie une participante à l’atelier de lancement.
Une réponse locale aux défis climatiques
Face à la baisse de fertilité des sols et à la variabilité climatique, l’agroécologie apparaît comme une stratégie de résilience territoriale.
En réunissant autorités administratives, services techniques et organisations de la société civile, les porteurs du projet entendent créer une dynamique collective autour de la transition agroécologique.
À Fada N’Gourma, le défi est clair : restaurer les terres aujourd’hui pour sécuriser l’alimentation de demain.
Plus qu’un projet agricole, LEBIDIMA se présente ainsi comme une initiative environnementale ancrée dans les réalités locales, avec l’espoir que la protection des écosystèmes devienne le socle d’un développement durable dans la région de l’Est.
Issa THIOMBIANO, Gulmu Info
