« …Les commanditaires de cette danse macabre ont été trahis par un sachet beaucoup plus transparent que les autres », dixit Daouda Diallo porte-parole du CISC
Le 13 mai 2020, le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de fada N’gourma, Judicaël Kadeba, dans un communiqué informait l’opinion publique de l’arrestation de 25 personnes pour suspicions de faits de terrorisme, par la gendarmerie de Tanwalbougou ; une localité située à 40 kilomètres de Fada N’gourma, dans l’Est du Burkina Faso, dans la nuit du 11 au 12 mai 2020. Cette même nuit, parmi les personnes interpellées et arrêtées, 12 sont mortes dans les cellules où elles étaient détenues. Le lundi 18 mai 2020, le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC), a présenté à la presse nationale et internationale, les résultats d’une investigation qu’il a menée dans le but de faire la lumière sur ladite affaire.
Plusieurs éléments de cette investigation, en l’occurrence des témoignages de parents de victimes, viennent remettre en question des informations données au préalable par le Procureur.
C’est porté par un esprit rationnel, la rigueur scientifique et le souci d’équité, que le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC), estime avoir dépêché une équipe conduite par le Dr Daouda Diallo, son porte-parole, suite au décès des douze (12) personnes entre les mains de la gendarmerie de Tanwalbougou. Cela dans l’optique de vérifier les faits, recueillir des témoignages directs de première main et de répondre à des interrogations que le Collectif avait.
Les victimes sont-elles été enlevées la nuit ou le jour ? Sont-elles mortes dans les cellules de la gendarmerie à Tanwalbougou ? ont-elles été interpellées sur les théâtres des opérations armées anti-terroristes ? Ont-elles été enterrés dans des tombes individuelles ? se sont entre autres les questions que s’étaient posées le CISC.
« Les commanditaires de cette danse macabre ont été trahis par un sachet beaucoup plus transparent que les autres qui a permis au frère d’une victime, de voir qu’il y avait du sang sur le corps, avec une tête écrabouillée et un sachet totalement ensanglanté », a indiqué le Collectif.
A en croire le CISC, autrement dit, les victimes auraient été tuées, et abandonnées dans les broussailles. « C’est certainement la pression des parents des victimes qui se sont déployés à la gendarmerie qui a amené les autorités à convoyer les corps à la morgue », foi du Collectif.
Selon le CISC, les survivants qui témoignent, il y en a qui estiment devoir leur salut à l’agilité de leurs jambes, car ils ont dû fuir ; d’autres à la magnanimité de leurs amis d’ethnie gourmantché qui, ont osé les cacher chez eux.
Ayant servi dans différents pays, le député-maire Aziz Diallo, dont le cousin figure parmi les victimes n’aurait jamais pu imaginer que ces types de faits, seraient un jour une réalité au Burkina Faso. Ayant intervenu au cours de la conférence, Aziz Diallo a confié souscrire entièrement à la déclaration du CISC.
Je confirme qu’il s’agissait effectivement d’assassinats systématiques. « A cause des attaques terroristes, mon cousin a fui le Yagha pour fada. Et il se fait tuer, donc imaginez vous-même », a-t-il partagé. Le député-maire dit assumer entièrement ces propos. « Je suis député et j’ai des responsabilités, en attendant de m’exprimer à ce titre et dans un cadre approprié, je me prononce déjà ici en tant que parent », a-t-il conclu.
Le Collectif aujourd’hui exige entre autres, l’arrêt immédiat des crimes odieux et l’arrestation immédiate et sans délai des volontaires pour la défense de la patrie impliqués dans ce qu’il qualifie de crime.
Gulmu Info
