Goulmou : Plus de 540 millions FCFA sous contrôle, la FSOA mise sur la bonne gouvernance pour maximiser l’impact de ses projets communautaires
À Fada N’Gourma, la Fondation des Savanes Ouest-Africaines (FSOA) a réuni les opérateurs de mise en œuvre des projets qu’elle a financés dans le cadre d’une session de renforcement des capacités consacrée à la gestion administrative, comptable et financière des projets communautaires ainsi que des orientations sur le rapportage des sauvegardes environnementales et sociales, ce 04 Juin 2026. Au-delà d’un simple exercice de formation, l’initiative traduit une ambition claire : faire de la bonne gouvernance et la prise en compte des questions environnementales et sociales un levier essentiel pour garantir que chaque franc investi génère des résultats durables au profit des populations et de la conservation des ressources naturelles.
Dans les politiques de développement durable, l’efficacité d’un financement ne se mesure pas uniquement au volume des ressources mobilisées. Elle repose également sur la qualité de leur gestion, la transparence des procédures et la capacité des bénéficiaires à rendre compte des résultats obtenus.
C’est dans cette perspective que la Fondation des Savanes Ouest-Africaines (FSOA) a organisé, le 4 juin 2026 à Fada N’Gourma, une session de renforcement des capacités à l’intention des opérateurs chargés de la mise en œuvre des projets communautaires financés dans la zone d’intervention de la FSOA à travers le Guichet Burkina Faso.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des actions menées par la FSOA, fonds fiduciaire régional dédié à la conservation de la biodiversité et au développement communautaire dans la Réserve de Biosphère Transfrontalière du Complexe W-Arly-Pendjari (RBT-WAP), un espace écologique partagé entre le Burkina Faso, le Bénin et le Niger.
Grâce au soutien financier de la Coopération allemande à travers la KfW, la Fondation accompagne des projets visant à concilier préservation des ressources naturelles, développement économique local et amélioration des conditions de vie des populations riveraines des aires protégées du Complexe WAP.

Une gouvernance rigoureuse pour sécuriser les investissements
Pour la FSOA, l’octroi d’une subvention ne constitue que le point de départ du processus de développement. La réussite des projets dépend ensuite de la capacité des opérateurs à gérer les ressources conformément aux normes établies, à produire des résultats mesurables et à assurer une redevabilité exemplaire tant sur le plan financier que sur le plan de la performance environnementale et sociale.
La rencontre de Fada N’Gourma avait ainsi pour principal objectif de renforcer les capacités opérationnelles des du personnel dédié afin d’améliorer la qualité de mise en œuvre des projets financés.
Plus spécifiquement, la session visait à renforcer la collaboration entre les opérateurs et les autorités régionales en charge du développement rural, à consolider le partenariat avec les bénéficiaires, à faciliter l’appropriation du guide de gestion administrative et financière des subventions de la FSOA, à partager les outils de reporting environnemental et social et à identifier les difficultés rencontrées sur le terrain afin de formuler des recommandations pour une meilleure exécution des projets.
À travers cette démarche, la Fondation entend promouvoir une culture de bonne gouvernance où chaque ressource investie peut être tracée, justifiée et évaluée en fonction de son impact réel sur les populations bénéficiaires.
Plus d’un demi-milliard de FCFA investis dans le développement local
À travers son Guichet Burkina Faso, la FSOA finance actuellement sept projets communautaires dans la région du Goulmou pour un montant global de 540 467 841 FCFA, soit près de 824 000 euros.
Ces projets sont mis en œuvre par des associations, organisations de la société civile et structures techniques engagées dans la promotion de l’agroécologie, de l’élevage durable, du pastoralisme, de la restauration des terres dégradées et de la gestion durable des ressources naturelles.
Dans le détail, l’Association Base Fandima (ABF) bénéficie d’un financement de 67,9 millions FCFA pour un projet d’une durée de 24 mois. Le consortium Association BEO-NEERE Agroécologie (ABNA) et Association Vivre Au Village (VIVAVI) reçoit 73 millions FCFA sur la même période.
L’Association pour le Développement des Communautés Villageoises (ADCV), en partenariat avec la Société LJ BIO-ENERGIE, met en œuvre un projet financé à hauteur de 76,8 millions FCFA. Le consortium APESS-RECOPA bénéficie pour sa part de 83 millions FCFA pour renforcer les activités liées à l’élevage et au pastoralisme.
Le partenariat réunissant l’Association pour la Recherche et la Formation en Agroécologie (ARFA), la Direction régionale des Eaux et Forêts de l’Est (DREF-Est) et le Conseil régional des organisations de la société civile (CROSC-Est) mobilise plus de 80,7 millions FCFA.
L’Association Tin Ba pour le Bien-être et le Développement du Monde Rural (ATB/BEDMR), associée à Communication pour un Développement Durable (CODD), bénéficie du financement le plus important avec 86 millions FCFA pour un projet d’une durée de 18 mois.
Enfin, l’ONG Visions Plurielles et l’Association Regard Nature Biodiversité de l’Est mettent en œuvre un projet financé à hauteur de 72,8 millions FCFA.
Une mobilisation collective autour de la redevabilité
La session de renforcement des capacités a réuni l’ensemble des acteurs impliqués dans la gouvernance des projets.
Aux côtés de la représentation burkinabè de la FSOA et de sa Direction exécutive, plusieurs services techniques régionaux ont pris part aux travaux, notamment la Direction régionale des Eaux et Forêts, la Direction régionale de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques ainsi que la Direction régionale de l’Économie et de la Planification.
Cette forte implication des structures publiques traduit la volonté de créer un cadre de concertation permanent entre les opérateurs, les autorités administratives et les partenaires financiers afin d’améliorer l’efficacité de la mise en eouvre des projets financés par la FSOA.
Présidant l’ouverture de la session, le Directeur régional des Eaux et Forêts du Goulmou, le lieutenant-colonel Romuald Nikiéma, a salué une initiative qui contribuera à améliorer les performances des projets en cours d’exécution.
Selon lui, les difficultés les plus fréquentes rencontrées sur le terrain concernent généralement la maîtrise des procédures administratives, la production des pièces justificatives et le respect des mécanismes de suivi financier.
L’objectif de cette rencontre est donc de permettre aux bénéficiaires de mieux comprendre les exigences de la fondation et d’assurer une exécution conforme aux règles établies.
Au-delà du financement, un accompagnement permanent
Pour Moumouni Lankoandé, Représentant Résident Adjoint de la FSOA au Burkina Faso, cette session illustre la philosophie d’intervention de la fondation : accompagner les opérateurs tout au long du cycle de vie des projets.
L’institution ne se limite pas à décaisser des ressources financières. Elle met également à disposition des bénéficiaires des outils de gestion, des mécanismes de suivi et des dispositifs d’évaluation permettant d’améliorer progressivement les performances des projets.
La présentation du canevas de reporting environnemental et social constitue à cet effet une innovation importante. Elle permettra aux opérateurs de mesurer non seulement la performance environnementale et sociale des projets financés mais aussi d’assurer leur redevabilité sur le plan E&S auprès de la FSOA.
Cette approche répond aux standards internationaux de gestion axée sur les résultats et renforce la crédibilité des investissements réalisés dans la périphérie du complexe W-Arly-Pendjari.
Concilier conservation de la biodiversité et développement des communautés
À travers son intervention dans la Réserve de Biosphère Transfrontalière du Complexe W-Arly-Pendjari, la FSOA poursuit un objectif ambitieux : démontrer que la conservation de la biodiversité va de pair avec le développement local.
Dans un contexte marqué par les défis sécuritaires, les déplacements de populations et les pressions croissantes sur les ressources naturelles, les projets soutenus par la Fondation contribuent à renforcer la résilience économique des communautés tout en réduisant les menaces pesant sur les écosystèmes.
L’approche développée par la FSOA repose ainsi sur un principe fondamental : la protection durable des aires protégées ne peut être obtenue sans l’adhésion des populations qui vivent à leur périphérie.
En renforçant les capacités des opérateurs, en améliorant les mécanismes de contrôle et en promouvant une gestion transparente des financements, la Fondation entend s’assurer que chaque franc investi génère des résultats tangibles, durables et mesurables.
Car pour la FSOA, la bonne gouvernance n’est pas seulement une exigence administrative ; elle constitue la condition essentielle pour transformer les financements en opportunités de développement durable au bénéfice des communautés et de la biodiversité ouest-africaine.
Issa THIOMBIANO, Gulmu Info
