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Fada N’Gourma : la Croix-Rouge burkinabè renforce la santé communautaire avec des kits et des vélos

Dans un contexte de retour progressif des populations déplacées, la Croix-Rouge burkinabè, en partenariat avec la Croix-Rouge norvégienne et grâce à l’appui financier de l’Agence norvégienne de développement (NORAD), a remis un important lot de matériel sanitaire et logistique aux accoucheuses villageoises, aux agents de santé à base communautaire (ASBC) et aux volontaires. Cette initiative, évaluée à plus de 144 millions de FCFA, apparaît comme un souffle d’espoir pour les communautés rurales de l’Est, où la santé maternelle et infantile demeure un défi prioritaire.

Des moyens accrus pour les accoucheuses villageoises

La cérémonie officielle s’est tenue à Fada N’Gourma, en présence des autorités administratives, coutumières et sanitaires, ainsi que des responsables de la Croix-Rouge.
Au total, 383 accoucheuses villageoises issues de cinq districts sanitaires (Kaya, Boulsa, Fada, Ouahigouya et Gayéri) ont reçu des kits de protection individuelle et d’accouchement. Parmi elles, 181 ont également bénéficié de vélos, afin de leur permettre d’atteindre plus facilement les villages reculés.

Dans des localités souvent enclavées, où l’insécurité et le manque d’infrastructures freinent l’accès aux centres de santé, ce vélo devient bien plus qu’un simple outil de mobilité : c’est une véritable passerelle entre la vie et la mort, en permettant aux accoucheuses d’intervenir rapidement auprès des femmes enceintes.

Soutien aux acteurs de santé de proximité

L’appui s’étend aussi aux 276 ASBC et volontaires communautaires des districts de Boulsa, Fada, Ouahigouya et Gayéri. Ces acteurs, souvent premiers interlocuteurs des familles rurales, ont reçu des kits pour la prise en charge des maladies infantiles courantes. Leur rôle est crucial, car ils assurent la prévention, l’éducation sanitaire et les soins de base dans des zones parfois dépourvues de centres de santé fonctionnels.

Le district sanitaire de Gayéri a, en plus, bénéficié de matériel médico-technique : autoclaves, tables d’accouchement, lits d’hospitalisation, tensiomètres et autres équipements indispensables au suivi obstétrical.

Un geste adapté au contexte sécuritaire

Lors de la remise, le secrétaire général de la région de l’Est, représentant le gouverneur, a insisté sur l’importance de cet appui dans une période sensible :

« Nous assistons au retour progressif de nos populations déplacées grâce aux efforts sécuritaires. Notre devoir est de garantir la reprise des services essentiels, notamment en santé, pour accompagner durablement ce mouvement », a-t-il affirmé.

La remise de ce matériel contribue donc non seulement à l’amélioration des conditions sanitaires, mais aussi à rassurer les populations déplacées qui reprennent possession de leurs terres et villages.

Un levier pour la résilience et la cohésion sociale

Au-delà de l’équipement, l’initiative s’inscrit dans le cadre du Projet santé communautaire, dont l’objectif est de réduire la mortalité maternelle et infantile dans les zones fragiles du Burkina Faso. Elle illustre l’idée que la santé communautaire est un pilier de la résilience locale : en outillant les acteurs de terrain, on renforce à la fois la confiance, la solidarité et la capacité des communautés à se relever.

Des acquis à consolider

Malgré l’importance de cette dotation, les besoins restent immenses : sécurisation des zones de retour, formation continue des accoucheuses et des ASBC, suivi technique du matériel distribué. Les autorités locales et la Croix-Rouge appellent donc à maintenir la mobilisation et à élargir les partenariats afin de pérenniser ces acquis.

Car dans la région de l’Est, chaque vélo confié à une accoucheuse, chaque kit de travail remis à un volontaire, chaque table d’accouchement installée dans un centre n’est pas qu’un équipement : c’est un symbole d’espoir, de dignité retrouvée et de résilience partagée.

TANKOANO Youmanli, stagiaire, Gulmu Info

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